L’aïkido, respiration de la vie

Dans la pratique de l’aïkido, le souffle est primordial. Bien sûr il y a le souffle de nos poumons, la libre circulation de l’air, le va-et-vient de l’énergie à l’intérieur de notre corps pour oxygéner les cellules. Bien respirer, de la bonne façon et au bon moment est indispensable à une pratique souple et harmonieuse. Mais la simple respiration physique ne suffit pas. Le flux et reflux qui agit à l’intérieur de nous doit être compris comme une énergie plus grande que nous. La terre tourne, les arbres poussent, les océans dansent leur balais aquatique par le mouvement des marées. L’énergie que le pratiquant utilise dans ses mouvements, s’harmonisant à ceux de son partenaire, ne lui appartient pas vraiment. Il doit se laisser traverser par ce flux tout en veillant à ne pas contracter ses muscles, ne pas marquer de temps d’arrêt, ne pas interrompre le cours des choses, ne pas chercher à enfermer l’énergie dans ses mains, dans ses bras. Même la volonté acharnée de réussir peut créer une crispation inutile et néfaste à la libre circulation du souffle. Tout à coup l’aïkidoka réalise qu’il travaille en apnée, que sa respiration ne suit pas le cours naturel. Alors il faut reprendre, tranquillement, faire descendre la respiration à l’étage ventral et petit à petit, libérer les épaules, les poumons, le plexus… Le corps se décontracte et enfin le souffle prend sa véritable signification.

Bonne année de pratique sur le chemin étroit de l’aïkido

Je pris conscience d’une vérité essentielle : le budo ne vise pas à démettre des adversaires en usant de la force brutale ou en utilisant des armes, ni à détruire le monde en déchaînant des guerres. L’authentique budo cherche à rétablir l’ordre des choses, à favoriser la paix dans le monde, à nourrir et à protéger toute chose.  (…) Vous devez fixer vos pensées sur le vide, transcender la vie et la mort et vous tenir résolument debout au cœur de la vacuité. Tel est le secret du budo. (…) Nul ne peut m’enlever ma force puisque je ne m’en sers pas.

Ueshiba Morihei

La question de la martialité, encore!

Notre discipline est souvent interrogée quant à son efficacité martiale. Les questions proviennent la plupart du temps de pratiquants d’autres disciplines  trouvant à redire sur ce qu’ils perçoivent de l’aïkido sans toutefois le pratiquer. Pour la majorité d’entre elles ces autres disciplines (karaté, Ju Jitsu, Judo, Tae kwon do, boxe…) répartissent leurs pratiquants en catégories de sexe, d’âge, de poids, d’expérience, de grade… ce qui bien sûr est contraire à toute logique martiale. Ces disciplines ont dû au fil de leur histoire abandonner les gestes les plus dangereux et organiser les affrontements sous l’œil vigilant d’un arbitre ou d’un jury. Bien sûr cela est également contraire à toute logique martiale. Leurs affrontements compétitifs souvent longs se terminent avec deux participants en excellente santé, ce qui n’est, avouons-le, pas très martial.

Mais l’essentiel n’est pas là. Chaque discipline propose un univers différent dans lequel les critères d’efficacité sont propres à cette discipline. Tenter d’évaluer une discipline avec les critères d’une autre est un faux procès, une erreur de jugement, une méconnaissance. À 30 ans un pratiquant de MMA est en fin de carrière, celle de l’aïkidoka ne fait que commencer! À 70 ans, l’aïkidoka sera arrivé à une certaine compréhension de son art, où en sera le pratiquant de MMA? Bref, il serait possible de poursuivre à l’infini le ridicule de la comparaison.

Il n’en reste pas moins vrai que la question de l’efficacité martiale reste entière. En aïkido l’efficacité du geste est un guide pour comprendre si les principes fondateurs sont appliqués avec justesse. Si je ne cherche plus à neutraliser mon partenaire alors comment savoir si je suis centré, à la bonne distance…?  Mais ce qui m’intéresse au fond c’est la quête intérieure d’une quiétude, d’une respiration apte à me permettre de gérer toute situation agressante sur le tatami et en dehors. Cette paix intérieure me permet d’incarner la solidité nécessaire pour dissuader toute agression. Et cela ne rentrera jamais dans les travers d’une efficacité martiale envisagée seulement dans le cadre d’une compétition sportive. L’efficacité absolue de l’aïkido c’est la paix intérieure seule capable de créer la paix extérieure et de mettre fin au combat avant même qu’il ne se déclenche. En cela l’aïkido est unique!

Présentation des membres du dojo: Eric

Chaque semaine vous pourrez faire connaissance avec un membre de notre dojo et ainsi comprendre ce que l’aïkido peut apporter à chacun. Aujourd’hui Éric

Je m’appelle Éric. J’ai commencé à pratiquer sérieusement l’aïkido il y a quatre ans, en tâchant d’allier les cours et la recherche de ce qui tourne autour de l’esprit de l’aïkido, via notamment plusieurs lectures et documentation relatives aux domaines connexes de l’aïkido. À mon avis, on peut se tourner vers l’aïkido afin d’acquérir un art martial d’origine asiatique comprenant pratique à main nue, exercices avec différentes armes, tout en développant une philosophie particulière. On commence à suivre ce cours pour développer l’aspect martial, il se doit d’être toujours présent et gardé en vue au cours notre évolution. Mais l’objectif martial premier ne représente par la suite qu’une facette, en tout cas à mon stade de développement actuel, laissant notamment place à un développement personnel, une meilleure connaissance de soi-même et par là-même des autres. Ce qui rappelle la célèbre citation du fondateur: « Le but de l’aïkido n’est pas de corriger les autres mais de se corriger soi-même ». La pratique permettant de mettre en relief certains de nos défauts, en prendre conscience est bien sûr le point de départ pour tenter de les corriger, et dans une certaine mesure de s’en débarrasser. Ce faisant, nos défauts étant dans une large mesure très similaires à ce que nous retrouvons chez les autres, il est possible, à mon avis, d’obtenir une vision accrue et une meilleure compréhension de notre environnement.

Présentation des membres du dojo: Jonathan

Chaque semaine vous pourrez faire connaissance avec un membre de notre dojo et ainsi comprendre ce que l’aïkido peut apporter à chacun.

Aujourd’hui: Jonathan

Je m’appelle Jonathan, je suis père de deux jeunes garçons et travailleur de la construction. Je pratique l’Aïkido depuis plus de deux ans. Un collègue de travail m’avait suggéré d’essayer cet art martial qu’il aimait particulièrement et j’ai tenté le coup. Dans la pratique de l’Aïkido, l’absence de l’utilisation de la force physique est l’aspect qui m’a attiré avant tout car mon corps avait l’habitude de travailler en force quotidiennement. Utiliser mon corps efficacement en diminuant l’effort m’aide à générer plus de puissance sans utiliser mes muscles et j’en vois même les bienfaits dans ma pratique du Ju Jitsu Brésilien. M’engager dans cet art sur une base régulière me permet de travailler en souplesse, de diminuer les douleurs musculaires et d’améliorer ma posture. Je suis maintenant un homme plus centré et la philosophie de l’Aïkido m’accompagne tous les jours.